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L’identité et engagement civique

L’identité et migration

L’identité et l’école

Identité scolaire et professionnelle

Contruction de l’identité et personnalite

Identité et bien-être

Identité personnelle et sociale

Identité et engagement civique

Entretien avec Prof. Lyda Lannegrand-Willems et Dr. Cyrille Perchec

Quelles questions avez-vous traitées dans votre recherche?

Lyda: Nous sommes partis de l’idée que les jeunes veulent trouver leur place dans la société et cherchent aussi à répondre à la question « qui suis-je? ». Mais nous ne savions pas comment ils définissaient leur place. Donc, nos questions de départ étaient : Quelles formes prend la participation civique des jeunes? Et comment ces formes s’articulent-elles à l’identité en cours de formation?

Lire la suite... Quelles réponses avez-vous trouvé à ces questions?

Cyrille: Nous avons identifié plusieurs formes d’engagement civique. Certains jeunes présentaient une participation civique forte, de façon plus ou moins formelle. Par exemple, être membre d’un parti, d’un syndicat ou d’une organisation politique sont des manières formelles de s’engager alors qu’être connecté à un groupe Facebook concerné par des questions politiques est un exemple d’engagement informel. Au contraire, certains jeunes étaient désengagés des questions politiques et sociétales. Nous avons aussi identifié ce qui est appelé une forme d’engagement en « standby », caractérisée par un intérêt pour les questions politiques et sociétales mais sans participation. C’est comme une forme « d’entre-deux ». Et ici particulièrement, les enseignants, les travailleurs sociaux et d’autres professionnels qui travaillent avec des jeunes ont un rôle majeur à jouer dans la promotion du développement personnel des jeunes.
Nous avons également mis en évidence que certains adolescents et jeunes adultes se caratérisaient à la fois par de la passivité vis-à-vis de l’engagement civique, une identité personnelle problématique et un rejet de l’identité sociale. Par exemple, un jeune qui a des problèmes pour définir sa place dans la société, qui ne sait pas qui il est, et qui en même temps ne se sent appartenir à aucun groupe ou à aucune communauté. Un tel profil constitue une situation à risque pour l’individu et pour la société. Par exemple, pour ce qui est de la marginalisation ou de la radicalisation.

Quels ont été les résultats les plus passionnants?

Lyda: C’était passionnant pour nous d’identifier les différentes façons qu’ont les jeunes de plus ou moins s’impliquer dans les questions politiques et sociétales, et aussi la manière dont ils forment leur identité personnelle et sociale. Nous avons vraiment apprécié explorer et décrire la diversité de l’engagement civique et politique des jeunes.

Qu'est-ce qu'un jeune et un professionnel peuvent apprendre de cette étude?

Lyda: Avant tout, les jeunes peuvent ainsi savoir qu’il n’y a pas qu’une seule façon de s’engager dans la société. Il y a de multiples façons qui se développent pendant l’adolescence et qui sont liées à leur identité en cours de formation.

Cyrille: Et concernant les enseignants et les travailleurs sociaux, nous les encourageons à organiser des discussions et des débats critiques avec les jeunes sur des sujets brûlants d’actualité. Ils pourraient également promouvoir la participation civique et les actions à visée collective des jeunes à travers des projets émergeant des jeunes eux-mêmes et destinés à des jeunes. Ces exemples d’actions peuvent renforcer l’exploration de l’identité, aussi favoriser une identité sociale inclusive et renforcer l’engagement civique dans sa diversité d’expressions.

Comment avez-vous mis en œuvre votre recherche?

Lyda: Cette recherche a été conduite en France parce que nous sommes des chercheurs français. Plus de 1200 lycéens et étudiants français de 16 à 24 ans ont pris part à l’étude. Nous avons été surpris par le nombre de répondants et par leur intérêt pour ces questions. Nous souhaitons continuer nos investigations, par exemple en examinant plus profondément pourquoi certains jeunes s’engagent alors que d’autres se désengagent, qui ils sont, quels peuvent être les facilitateurs sociaux et, inversement, quels peuvent être les obstacles perçus par les jeunes.

Cyrille: Parce que c’est très important que chacun trouve sa place dans la société.

Pourriez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Lyda: La diversité des jeunes, bien sûr.

Cyrille: La participation civique.

Lyda: Oui, et aussi l’identité, et le vivre ensemble, oui!

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"How is Civic Engagement Related to Personal Identity and Social Identity in Late Adolescents and Emerging Adults? A Person- Oriented Approach"

Authors: Lyda Lannegrand-Willems, Basilie Chevrier, Cyrille Perchec, Alexia Carrizales

"Journal of Youth and Adolescence", Volume 47, Issue 4, April 2018.

Identite et migration

Entretien avec Dr. Rasa Erentaitė

Quelles questions avez-vous traitées dans votre recherche?

Dans cette étude, nous nous sommes intéressés aux jeunes des minorités ethniques et à la façon dont ils développent leur identité, comment ils ciblent leurs problèmes identitaires, à ce qui est le plus important pour eux. Parce que jusqu’à maintenant, il y avait peu de connaissances intégrées sur les jeunes issus des minorités ethniques en Europe spécifiquement.

Lire la suite... Quelles réponses avez-vous trouvées à vos questions?

Il se dégage de cette revue de la question que les jeunes des minorités ethniques auraient tendance à éprouver une crise identitaire plus intense comparés à leurs pairs tout-venant. Cela veut dire qu’ils pourraient questionner leur appartenance culturelle, ils pourraient questionner leurs relations interpersonnelles ou leurs choix professionnels de façon plus intense que les jeunes tout-venant. D’un autre côté, dans les études existantes, les conséquences de ce travail identitaire intensifié ne sont pas claires : si cela conduit à des résolutions identitaires moins favorables pour les jeunes des minorités ethniques ou bien si cela les rend plus résilients, plus forts et dans une situation plus favorable comparés aux jeunes en général. Certaines études soutiennent l’idée que les jeunes issus des minorités ethniques ont des résolutions identitaires moins favorables à cause d’une recherche identitaire plus intense. Mais d’autres n’ont pas confirmé cela, et en particulier des études qui mettent en évidence que des jeunes des minorités ethniques sont très engagés dans le développement de leur identité en tant qu’agents très créatifs capables de construire des identités hybrides, prenant des éléments de différents groupes dans différents contextes et les intégrant dans leur identité. Donc cette identité hybride, elle ressemble à quelque chose qui serait spécifique aux jeunes des minorités ethniques et qui les rend d’une certaine façon différents des jeunes tout-venant.

Quels ont été les résultats les plus saillants?

Ce qui était le plus intéressant pour moi, c’est que certains résultats de recherche relatifs à la façon dont les jeunes des minorités ethniques construisent leur identité et aux résultats de ce processus de développement identitaire étaient en contradiction. Par exemple, on pouvait voir que, pour certains jeunes, des engagements plus forts envers leur groupe ethnique, une identité ethnique plus forte, pouvait être lié à des effets favorables, tel qu’un sentiment de bien-être plus élevé. Mais pour le même groupe ethnique dans un autre pays construire leur identité ethnique, la rendre plus forte pouvait conduire exactement au contraire, c’est-à-dire un sentiment de bien-être plus bas. Et en tant que chercheurs, nous sommes réellement dans une situation très difficile car nous devons expliquer cela et nous devons dire quelque chose sur la façon dont les jeunes des minorités ethniques développent leur identité en général et sur les conséquences de ces processus et quand on a de tels résultats contradictoires, il est très difficile de généraliser donc nous devons juste dire que : ok, cela est dépendant du contexte et nous avons besoin de plus d’études sur le sujet.

Qu’est-ce qu’une jeune personne et un professionnel peuvent apprendre de cela?

Il est important que ceux qui travaillent avec des jeunes en Europe, avec des jeunes des minorités ethniques prennent en considération que la construction de l’identité pour une jeune personne issue de minorité ethnique peut requérir beaucoup plus de ressources et beaucoup plus d’efforts de sa part en comparaison des jeunes tout-venant. Donc, cela veut dire que ce problème ne devrait pas être négligé et que peut-être certaines ressources pourraient être fournies à ces jeunes pour explorer qui ils sont, pour qu’ils trouvent des identifications qui leur conviennent, qu’ils trouvent des valeurs adéquates pour eux, des buts et ainsi de suite. Les travailleurs sociaux doivent réellement prendre cela en considération.
Un autre problem est qu’il est difficile de dire quelque chose de plus à partir des résultats de recherche car ils sont vraiment disparates. Donc cela signifie que ceux qui travaillent avec des jeunes doivent vraiment tenir compte du contexte pour le groupe particulier de jeunes des minorités ethniques auquel ils ont affaire, du pays, des politiques nationales, et aussi de la façon dont le groupe est perçu par les autres en général: si c’est un groupe victime de discriminations, etc. car tout cela peut faire une différence cruciale quand on considère de quel soutien les jeunes ont besoin pour leur construction identitaire.
Un message pour les jeunes pourrait être qu’ils doivent vraiment avoir confiance en eux dans leur capacité à trouver ce qui est le mieux pour eux en termes d’identité. Parce que nous voyons à partir des exemples de recherches que les jeunes sont capables d’être très créatifs: ils peuvent construire des identités hybrides, ils peuvent choisir ce qui leur convient le mieux, ce qui est le plus important et ce qui est le plus favorable dans leur construction identitaire. Donc vraiment, soyez libres d’explorer, libres d’explorer non pas seulement ce qui est très proche de vous, mais aussi des identités plus générales telle que l’identité globale multiculturelle, comme l’identité européenne. Tous ces elements constituent vraiment des ressources pour les jeunes dans leur développement identitaire.

Comment avez-vous mis en œuvre la recherche?

Dans cette étude, nous n’avons pas collecté de nouvelles données, nous avons simplement examiné les études existantes et leurs résultats et nous avons essayé de dégager des idées fortes et des généralisations sur la base de ces études précédentes. Et nous avons travaillé avec une équipe de 6 chercheurs venant de 3 pays différents et c’était bien sûr un défi mais aussi un gros avantage. Avantage car nous savons que six réflexions sont vraiment utiles pour un « brainstorming », pour dégager des idées intéressantes et fortes. Mais, d’un autre côté, quand vous avez besoin d’intégrer ces résultats, d’intégrer ces idées fortes, cela devient vraiment difficile de travailler en étant de pays différents et avec une équipe de 6 chercheurs. Donc, pour moi c’était vraiment une première expérience d’un tel travail et la partie finale intégrative a été un vrai défi.

Si cette recherche était un instrument médical, qu’est-ce que ça serait?

Je dirais que cette étude ne ressemble pas à un instrument particulier mais peut-être à une procédure d’examen médical dans laquelle vous avez différents échantillons recueillis avec différents outils et vous essayez de faire un diagnostic général ou une évaluation générale de ce corps, de la situation de ce corps. Dans ce cas présent, le corps de recherche sur l’identité des jeunes issus des minorités ethniques.

Pouvez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Minorité ethnique, Europe, Jeunesse et Identité.

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"Identity Among Ethnic Minority Youth In Europe"

Authors: Rasa Erentaite, Lyda Lannegrand-Willems,Oana Negru-Subritica, Rimantas Vosylis, Jolanta Sondaitė, Saulė Raižienė

"European Psychologist"

L’identité et l’école

Entretien avec Dr. Ingrida Gabrialavičiūtė et Dr. Rimantas Vosylis

Quelles questions avez-vous abordées dans votre recherche?

Rimantas: La question principale de notre étude était de savoir comment les expériences scolaires, en particulier comment on se sent à l'école et quels sentiments on a envers l'école sont liées à la façon dont on construit son sens de soi, que nous appelons l’identité.

Ingrida: Et nous voulions aussi voir si cette influence est réciproque. Ce que nous voulons dire, c'est que nous avons essayé de déterminer dans quelle mesure les expériences à l'école peuvent influencer le processus de construction de l'identité mais également qu’il est possible que la façon dont les jeunes construisent leur identité puisse influencer la façon dont ils perçoivent l'école et ce qu'ils ressentent réellement à l'école.

Lire la suite... Quelles réponses avez-vous apportées à ces questions?

Rimantas: La principale conclusion de notre étude est que ce sont les expériences scolaires qui influencent la façon dont les jeunes construisent leur identité et non pas l’inverse.

Ingrida: Deux types d'expérience à l'école : l’engagement scolaire (c'est-à-dire la participation aux activités liées à l'école) et l'épuisement scolaire (c'est-à-dire le retrait émotionnel de l'école, un sentiment d'épuisement), étaient liés différemment aux processus de construction identitaire.

Rimantas: Ces deux expériences scolaires étaient donc liées de façon très différente à ces trois styles d'identité. L'engagement scolaire, qui est l'engagement actif dans les activités scolaires, a surtout favorisé cette façon la plus adaptative de traiter les questions d'identité : le style d’identité informationnelle. Et l'épuisement scolaire a surtout favorisé les deux autres stratégies, dont l'une consiste à éviter les questions identitaires en général, et l’autre (le style normatif) qui reflète l'adhésion aux opinions de personnes importantes à propos de votre sentiment d'identité.

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans votre étude?

Rimantas: Je pense que l'une des parties les plus intéressantes et les plus excitantes d’une recherche, c'est quand on formule une hypothèse avant l'étude et quand on fait l'étude empirique, que l’on trouve des éléments qui soutiennent cette hypothèse. C'est la partie qui est toujours très excitante pour nous.

Ingrida: En fait, nous avons essayé d'établir un lien entre certains aspects de l'expérience scolaire qui n'étaient pas mis en relation auparavant. Nous avons essayé de faire le lien entre l’engagement à l'école et l'épuisement à l'école, d’une part, et les processus de construction de l'identité, d’autre part. Et nous avons réussi à démontrer ce lien. C'était donc vraiment la chose la plus stimulante pour nous en tant que chercheurs.

Qu'est-ce qu'un jeune et un professionnel peuvent apprendre de cette étude?

Ingrida: Notre étude peut être utile pour les jeunes parce qu'elle rappelle qu'il peut être bénéfique de faire ce que l'école demande de faire : participer en classe, prêter attention aux enseignants, faire ses devoirs. Parce que cela aide non seulement à obtenir de meilleures notes, mais aussi à se développer en tant que personne.
Notre étude peut également être utile pour les professionnels travaillant à l'école, pour les enseignants, car elle les sensibilise aux signes de participation des jeunes et aux signes d'épuisement à l'école.

Comment avez-vous mis en œuvre votre recherche?

Ingrida: C’était une étude assez longue. Toute l'étude a duré trois ans, nous avons interrogé des élèves de sept écoles d'un district de Lituanie. Nous avons rencontré les élèves 3 fois : une fois par an, nous leur avons posé les mêmes questions. Donc, tout le processus a demandé beaucoup d'efforts, beaucoup de temps. Nous avions besoin d'avoir un très bon contact avec les élèves. Nous avons essayé de les motiver pour qu'ils répondent aux mêmes questions, ce qui leur semblait parfois ennuyeux. Mais nous sommes heureux de l'avoir fait!

Si cette recherche était un instrument médical, quel serait-il?

Rimantas: Je pense qu'en tant qu'instrument médical, il serait surtout proche du scalpel d'un chirurgien, parce que c’est quelque chose de minutieux. Notre étude est une étude quantitative et longitudinale, ce qui signifie aussi que nous avons rassemblé un échantillon représentatif d'adolescents de Lituanie, et nous avons utilisé des instruments validés pour mesurer les expériences scolaires et les styles d’identité informationnelle. Au final, nous avons effectué une analyse statistique assez compliquée, qui donne des estimations vraiment précises de toutes ces relations, c'est pourquoi pour moi, cela ressemble surtout au scalpel d'un chirurgien.

WPourriez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Rimantas: Le mot-clé principal de cette étude telle que je la vois serait: «qui suis-je» et «comment je développe le sens de qui je suis»...

Ingrida : ...: et «de ce que je fais à l'école» et «comment je me sens à l'école».

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"How does School Experience Relate to Adolescent Identity Formation Over Time? Cross-Lagged Associations between School Engagement, School Burnout and Identity Processing Styles"

Authors: Rasa Erentaitė, Rimantas Vosylis, Ingrida Gabrialavičiūtė, Saulė Raižienė

"Journal of Youth and Adolescence", Volume 47, Issue 4, April 2018.

Identité scolaire et professionnelle

Entretien avec Dr. Oana Negru-Subtirica

Quelles questions avez-vous abordées dans votre recherche?

Vous savez ce qu’on dit: «Si tu aimes l’école, tu vas adorer le monde du travail» mais nous savons très peu de choses à ce sujet pendant l'adolescence, à un moment où le monde du travail n’est qu’une perspective lointaine dans la vie d’un adolescent. Dans cette recherche, nous voulions voir comment les domaines scolaire et professionnel sont liés par l’identité.

Lire la suite... Quelles réponses avez-vous apportées à ces questions?

Au cours de l'année scolaire, plus les élèves ont des engagements forts dans le domaine académique, plus ils ont tendance à avoir des engagements ou des choix solides concernant leur orientation professionnelle. Cela signifie par exemple qu'un élève très impliqué dans le domaine scolaire a tendance à devenir, au fil du temps, aussi très impliqué dans le choix de son métier futur. Ceci est extrêmement important parce que cela signifie que les élèves pour lesquels le parcours scolaire fait sens accordent aussi plus de sens à leur futur travail ou à leur vocation. Un autre résultat important est que la flexibilité vocationnelle, qui renvoie au fait de maintenir des alternatives possibles vous êtes attiré par un métier, par exemple, vous voulez devenir charpentier, mais vous gardez aussi à l'esprit que vous pourriez devenir programmeur informatique ou médecin, cette flexibilité vocationnelle aide à renforcer les engagements scolaires et ainsi, contribue à gagner en satisfaction et en implication dans le domaine scolaire. Cela signifie que ce type de flexibilité, qui finalement prépare à un marché du travail marqué par l’incertitude, est une grande aide pour renforcer l’implication dans le domaine scolaire.

Quelles ont été les conclusions les plus intéressantes pour vous?

Aujourd’hui, on entend tout le temps dire que renoncer à ses objectifs n'est pas bon, que l’indécision est quelque chose de négatif. Parfois, on entend dire que renoncer à ses objectifs est forcément synonyme d’échec. Mais ce que nous avons mis en évidence, c'est que renoncer à certains objectifs peut-être une bonne chose. Cette flexibilité vocationnelle dont j’ai déjà parlé, le fait de ne pas se focaliser sur une seule direction, mais de garder beaucoup d'options ouvertes, est en fait un élément positif pour progresser dans ses choix. Cela signifie que l’on garde à l'esprit plusieurs voies possibles et cela permet de s’adapter plus facilement dans le parcours scolaire comme dans le parcours professionnel. Ainsi, le fait de garder en tête des alternatives possibles et d'être prêt à reconsidérer certaines options est un bon moyen pour abandonner certains objectifs.

Qu'est-ce qu'un jeune et un professionnel peuvent apprendre de cette étude?

Lorsque l’on est jeune, on peut se demander à quoi cela sert de rester à l'école. Pourquoi est-ce que j'apprends ce que j'apprends à l'école ? Grâce à cette étude, on comprend qu'être impliqué à l'école et maintenir cet engagement aide à en savoir plus sur le métier que l’on veut faire plus tard. Que l’école sert un objectif à long terme, un objectif plus grand, qui à la fin peut vous apporter beaucoup d’épanouissement.
Du point de vue du professionnel, qu’il soit enseignant ou conseiller d’orientation, vous pouvez voir que vous pouvez aider les élèves à deux niveaux de manière à les rendre plus engagés dans les domaines scolaires ou vocationnels. Les domaines scolaires et vocationnels sont étroitement liés, et en examinant et en analysant la manière dont les adolescents s'engagent, explorent ou reconsidèrent leurs objectifs scolaires ou professionnels, vous pouvez utiliser l’un ou l'autre de ces domaines dans une démarche d’aide à l’orientation ou pendant les cours.

Comment avez-vous mis en œuvre votre recherche?

Dans cette étude, plus de 1000 adolescents ont participé, ainsi que 2 chercheurs et 10 assistants de recherche. Comme les adolescents ont rempli les questionnaires trois fois au cours d'une année scolaire, il était très intéressant de constater qu'ils se sont mis à réfléchir davantage sur leur orientation scolaire et professionnelle. Et comme nous leur avons offert, à la fin du programme, la possibilité de participer à des ateliers de développement personnel, ils ont vraiment aimé réfléchir à leur parcours scolaire et leur future carrière au-delà de leurs cours habituels.

Pourriez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Scolarité, carrière, période adolescente.

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"Reciprocal Associations between Educational Identity and Vocational Identity in Adolescence: A Three-wave Longitudinal Investigation"

Authors: Oana Negru-Subtirica, Eleonora Ioana Pop

"Journal of Youth and Adolescence", Volume 47, Issue 4, April 2018.

Contruction de l’identite et personnalite

Entretien avec Ewa Topolewska-Siedzik

Quelles questions avez-vous traitées dans votre recherche?

Comment les jeunes de 13 à 16 ans cherchent des réponses à qui ils sont dans notre monde ? Se différencient-ils ou le font-ils de la même façon ? Et quel est le rôle de leur personnalité dans ce processus?

Lire la suite... Quelles réponses avez-vous trouvé à ces questions?

Les jeunes explorent qui ils sont de plus en plus avec l’âge. Nous pouvons dire que les plus âgés le font d’une façon de plus en plus active. De plus, la façon dont ils se questionnent sur eux-mêmes est très liée à leur personnalité. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous pouvons dire qu’il y a deux forces dans notre personnalité. La première est associée à la façon dont nous aimerions changer, par exemple, trouver quelque chose de plus que ce que nous sommes en ce moment. Et la deuxième force est associée à la façon dont nous aimerions rester exactement le ou la même dans tous nos comportements. Et ces forces influencent la façon dont les jeunes cherchent à répondre à la question qui suis-je, ou qui il/elle veut être dans le futur. Mais ce qui est important c’est la plasticité - la première force dans la personnalité qui est associée au changement influence à la fois le cours de l’exploration et le cours de la formation de l’identité mais seulement chez les adolescents les plus jeunes, autour de 13-14-15 ans et plus tard, chez les plus âgés, ce n’est plus le cas.

Quels ont été les résultats les plus passionnants?

Ce qui a été le plus important, le plus passionnant, c’est que les adolescents les plus jeunes et les plus âgés diffèrent vraiment dans la façon dont ils s’engagent dans toute la question identitaire. Et le plus important, la personnalité joue un rôle complètement différent entre le début de l’adolescence et le milieu de cette période.

Comment avez-vous mis en œuvre la recherche?

Presque 2 000 jeunes polonais ont participé à notre recherche et nous les avons rencontrés 5 fois dans leur école. Cela signifie qu’il était parfois difficile pour eux de répondre aux mêmes questions 5 fois et nous leur préparions à l’avance des cadeaux spéciaux : des ateliers, des publications seulement dédiés aux adolescents des écoles qui participaient à notre projet et il y a des mots polonais qui sont Ma voie, qui je suis, et quelles sont mes forces.

Si cette recherche était un outil médical, qu’est-ce que ce serait?

Je pense des rayons X ou même l’imagerie par résonnance magnétique Pourquoi ? Parce que nous essayons de capturer ces choses qui sont difficiles à voir dans la vie quotidienne comme les liens entre identité et personnalité.

Pourriez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Les différences entre les adolescents les plus jeunes et les plus âgés.

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"Trajectories of Identity Formation Modes and Their Personality Context in Adolescence"

Authors: Ewa Topolewska-Siedzik, Jan Cieciuch

"Journal of Youth and Adolescence", Volume 47, Issue 4, April 2018.

Identité et bien-être

Entretien avec Dominika Karaś

Quelles questions avez-vous abordées dans votre recherche?

Notre recherche avait pour objectif de répondre à la question de savoir comment la formation de l’identité dans différents domaines de vie contribue au sentiment de bien-être et quels domaines de vie sont cruciaux pour la promotion du bien-être des jeunes personnes. Par identité, nous entendons la réponse à la question “Qui suis-je?“ dans les domaines de vie importants pour les jeunes adultes. La recherche de réponse à cette question est liée à l’exploration de différentes alternatives de vie, différentes possibilités, et à l’engagement dans certaines d’entre elles. Les domaines que nous avons inclus dans notre recherche étaient les caractéristiques de personnalité, les visions du monde, les loisirs et les intérêts, les expériences de vie, les plans pour l’avenir et les relations avec les autres. Nous avons mis en évidence que parmi trois processus identitaires, deux d’entre eux contribuent fortement au bien-être dans la plupart des domaines de vie que nous avons examinés.
Ces processus étaient: l’engagement identitaire, ce qui veut dire faire un choix dans un domaine pertinent pour l’identité, et l’exploration en profondeur que nous entendons comme le rassemblement d’informations sur les engagements existants. Le troisième processus identitaire, la reconsidération de l’engagement, défini comme le fait d’avoir des doutes sur ces choix identitaires actuels, diminuait le bien-être des individus. Cependant, ces relations n’étaient pas présentes dans tous les domaines examinés.

Lire la suite... Quels ont été les résultats les plus saillants pour vous?

Le résultat le plus intéressant et surprenant était le fait que les domaines de vie différaient réellement en matière de relations entre identité et bien-être, et le plus important pour le bien-être des jeunes était le domaine de la personnalité. Et cela signifie que le fait d’avoir des réponses solides et relativement stables aux questions: quelles sont les caractéristiques essentielles de ma personnalité? Quels sont les éléments de ma personnalité qui sont les plus importants pour moi dans la question «Qui suis-je?» est lié avec le fait de se sentir bien dans la vie.

Qu'est-ce qu'un jeune et un professionnel peuvent apprendre de cette étude?

Bien, je pense qu’aussi bien les jeunes que les enseignants ou d’autres professionnels travaillant avec des jeunes peuvent apprendre de notre recherche que les explorations identitaires sont extrêmement importantes pour se sentir bien dans la vie.
Ainsi, savoir qui je suis dans différents domaines de vie me donne un sentiment de bien-être, me fait me sentir bien et heureux, donc promouvoir et renforcer le développement de l’identité à l’école est extrêmement important pour le développement des jeunes.

Comment avez-vous mis en œuvre la recherche?

Nous avons interrogé plus de 1 300 jeunes. Certains ont complété les questionnaires en ligne et d’autres ont complété les questionnaires en format papier. Et nous avons travaillé dans des contextes variés tels que des universités, des lieux de travail des groupes de discussion, des sites internet, etc.
Et, de plus, nous avons utilisé des outils psychologiques fiables pour évaluer les processus identitaires et le bien-être. Je pense que cela pourrait être une ville parce que nous avons essayé d’avoir une image complète des relations examinees et nous avons essayé de capturer toute une variété de domaines de vie importants pour de jeunes personnes et pour leur identité.

Pourriez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Je pense que les 4 mots les plus importants pour notre recherche sont bien sûr Identité Bien-être et je pense Engagement identitaire et exploration identitaire.

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"The relationship between identity processes and well-being in various life domains"

Authors: Dominika Karaś, Jan Cieciuch

"Journal of Youth and Adolescence", Volume 47, Issue 4, April 2018.

Identité personnelle et sociale

Entretien avec Dr. Flavia Albarello

Quelles questions avez-vous abordées dans votre recherche?

Cette recherche portait sur les choix des jeunes dans les domaines scolaire et relationnel, et leur identification au groupe de camarades de classe et au groupe de meilleurs amis.

Lire la suite... Quelles réponses avez-vous apportées à ces questions?

Nous avons trouvé plusieurs résultats intéressants, mais le plus important était que plus un jeune est satisfait de ses relations avec ses camarades de classe, plus il prend des engagements forts pour son orientation scolaire, et que plus il est satisfait des relations avec ses amis, plus il s’engage dans la relation avec ses meilleurs amis.

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans votre étude?

Le résultat le plus intéressant est que l'identification aux camarades de classe et aux amis influence les choix individuels personnels dans les domaines scolaire et personnel, ce qui signifie que si je sais qu'un jeune est heureux au sein de sa classe et s'engage envers ses camarades de classe et son groupe d'amis, alors, il aura davantage tendance à être satisfait et impliqué dans ses études et dans une relation significative avec ses meilleurs amis, par exemple.

Qu'est-ce qu'un jeune et un professionnel peuvent apprendre de cette étude?

Cette recherche indique aux enseignants que plus ils sont capables de créer un climat agréable et d'amener les jeunes à s'identifier aux autres camarades de classe en tant que groupe, plus les élèves peuvent réussir dans leur parcours académique et s'engager dans ce qu'ils étudient. Et les jeunes peuvent aussi comprendre que plus ils sont capables de créer des relations positives avec les autres, avec leurs amis, plus ils deviennent capables de gérer des relations solides avec leur meilleur ami ou un futur partenaire. Je pense donc que de bonnes relations avec les autres et l'identification aux amis peuvent leur être très utiles pour l'avenir.

Comment avez-vous mis en œuvre votre recherche?

Nous avons mené cette recherche pendant toute une année scolaire, les participants devaient répondre au même questionnaire à 3 reprises, à 3 mois d’intervalle. Nous avons d'abord obtenu le consentement des participants et de leurs parents bien sûr. Le plus intéressant est qu'ils étaient vraiment ravis de participer à cette recherche sur eux-mêmes et leur identité personnelle, ils étaient enthousiastes à l’idée de comprendre quelque chose sur eux-mêmes, ils étaient très ouverts avec nous et envers les questions personnelles, et en ce sens, les résultats étaient vraiment intéressants.

Si cette recherche était un instrument médical, quel serait-il?

Je pense que cette recherche peut être vue comme une dose de vitamines pour les jeunes afin de renforcer leurs relations avec les autres à l'école, avec leurs amis et de les aider à se sentir mieux dans ce contexte.

Pourriez-vous décrire votre recherche en 4 mots?

Les principaux mots-clés de ce travail sont: «jeunesse»; «l’identité personnelle» - qui est la façon dont je définis ce que je veux être, par exemple un enseignant, un étudiant, une mère, un chirurgien ; « l’identité sociale » - qui fait référence à l'importance des groupes auxquels j'appartiens dans ma vie et à mes relations avec les autres ; « étude longitudinale », qui fait référence à la méthode que nous avons utilisée pour étudier le développement de l'identité personnelle et sociale.

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"I and Us: A Longitudinal Study on the Interplay of Personal and Social Identity in Adolescence"

Authors: Flavia Albarello, Elisabetta Crocetti, Monica Rubini

"Journal of Youth and Adolescence", Volume 47, Issue 4, April 2018.

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